🚩 IP (Informations préoccupantes) au Centre d'Action Sociale de la Ville de Paris : ANALYSE ET ENJEUX







De Mars à juin 2025, la CGT CASVP a demandé aux Travailleurs sociaux des MDS (Maisons des Solidarités), PSA (Permanences Sociales d'Accueil), CHRS (Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale) et ESI (Espaces Solidarité Insertion) de répondre à un questionnaire sur les Informations préoccupantes. Nous avons obtenu environ 160 réponses soit 95% de travailleurs sociaux en MDS et 5% en CHRS et PSA. En 2024, ils ont évalué 1140 informations préoccupantes.



CE QUE DISENT LES REPONDANTS 



➡️ Ils ont traité entre 8 et 12 IPE en moyenne sur l’année 2024, 
➡️ Des files actives fluctuent entre 78 et 87 situations, 
➡️72 % des IPE cumulent plus de 3 problématiques : Violences intrafamiliales, négligences, violences psychologiques, difficultés scolaires, psychiatrie, addictions, grande précarité…

Pour 72 % des répondants, les situations des IPE sont de plus en plus lourdes, complexes et à haut risque (viols, agressions sexuelles, incestes, violences physiques et verbales, santé mentale, addictions) 

DES CONDITIONS DE TRAVAIL ALARMANTES

🔻 75 % des collègues signalent un cumul de difficultés : 
  • absence ou insuffisance de partenariats, 
  • manque de soutien institutionnel, 
  • isolement professionnel, 
  • situations trop lourdes à gérer (IPE en plus de la file active), 
  • sentiment d’insécurité face aux familles. 
🔻 Des conflits de valeurs pour 81 % des répondants : 
  • préconisations non suivies, 
  • délais inacceptables de mise en place de mesures (environ 1 an avant le début d’une AED) 
  • manque de solutions concrètes ( manque de partenaires et de professionnels, pas de places pour les placements... ) 
  • décisions judiciaires trop lentes, manque de moyens humains (trop de postes vacants au CASVP et à l’ASE).

CE QUE DISENT LES PROFESSIONNEL.LES  




  • 57 % des collègues refusent de se positionner sans réforme du dispositif, 
  • 17 % des travailleurs sociaux ne souhaitent plus évaluer d’IPE, 
  • La majorité demande un plafond de 4 à 6 IPE par an maximum, 
  • Aucun collègue ne souhaite dépasser 10 IPE par an. 
Ce n’est pas un refus de protéger les enfants. C’est un refus de le faire dans de mauvaises conditions.

UN DISPOSITIF À BOUT DE SOUFFLE
  • Des réformes successives qui s’ajoutent sans apporter d’améliorations, 
  • Les formations sont jugées insuffisantes en nombre et certain·es collègues n’y ont pas accès du tout, 
  • Les partenariats sont inégalement mobilisables (temps d’attente trop long pour un RDV au CMP), 
  • La charge IPE est inégalement répartie (la MDS est majoritairement pilote), Diminution dragstique des dispositifs de prévention (PMI, médecine scolaire...), Désengagement des services de l’Etat (manque criant de moyens humains et financiers).
Résultats : épuisement professionnel, perte de sens, mise en danger des professionnels et des mineurs.

NOS REVENDICATIONS


La CGT CASVP exige : 




1. Des moyens humains supplémentaires immédiatement 
2. Un plafonnement clair et opposable du nombre d’IPE par professionnel 
3. Des formations régulières, accessibles et adaptées aux réalités du terrain 
4. L’intégration de l’ASE dans les binômes d’évaluation 
5. Une meilleure coordination avec la CRIP, en amont et en aval 
6. Des solutions concrètes après les évaluations, pas seulement des constats 
7. La présence de psychologues sur tous les territoires 
8. Un soutien institutionnel réel face aux situations à risque 
9. Nous demandons une réforme urgente du dispositif IPE. 
10. Nous refusons que l’urgence devienne la norme. 
11. Nous exigeons des conditions de travail à la hauteur des enjeux