
La canicule n'est pas le problème. Elle révèle un monde qui a déjà changé.
Chaque été, les mêmes consignes reviennent. "Hydratez-vous." "Fermez les volets." "Évitez les efforts." "Adaptez-vous."
Ces conseils - certes nécessaires - révèlent surtout une idée qui s'impose partout : face aux difficultés, c'est aux individus de s'adapter.
Depuis des années, on nous demande déjà d'être plus flexibles, plus polyvalents, plus autonomes, plus «résilients». Les effectifs diminuent, les missions augmentent, les situations se complexifient... et chacun est invité à faire preuve d'une capacité d'adaptation toujours plus grande. La canicule pousse cette logique jusqu'à son absurdité.
Le climat change ? Adaptez-vous !
Pour la CGT, cette réponse est inacceptable.
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE N'EST PAS UNE PARENTHÈSE. C'EST UNE RUPTURE HISTORIQUE
Pendant plus d'un siècle, nos bâtiments, nos horaires, nos métiers, nos organisations ont été pensés pour un climat qui disparaît progressivement.
Ce n'est pas seulement la température qui augmente, c'est tout un modèle d'organisation du travail qui devient inadapté : lees vagues de chaleur seront plus fréquentes, les personnes âgées seront plus exposées, la précarité énergétique augmentera, les besoins sociaux vont croître et les agents du CASVP seront parmi les premiers à y répondre.
Comment imaginer que l'on puisse continuer à travailler exactement comme hier dans un monde qui n'est déjà plus celui d'hier ?
LE CORPS HUMAIN A DES LIMITES
Pendant deux siècles, le mouvement ouvrier s'est battu pour imposer une idée simple : ce n'est pas au travailleur de s'adapter sans limite au travail / c'est au travail de respecter les limites humaines et le premier usage de la technologie doit être de soulager l’humain. C'est cette idée qui a permis d'obtenir la limitation de la journée de travail, les congés payés, les règles de sécurité, la médecine du travail.
Aujourd'hui, le changement climatique repose exactement la même question : la chaleur fatigue, ralentit les gestes, diminue la vigilance, augmente les risques d'accidents, use les organismes et détériore la qualité du travail.
Demander aux agents d'être simplement plus résistants revient à nier ces réalités.
IL NE SUFFIT PLUS DE GÉRER LES CRISES. IL FAUT CHANGER LE TRAVAIL
Distribuer des bouteilles d'eau ou quelques ventilateurs ne répond pas au problème. Le changement climatique impose de repenser durablement le travail : bâtiments, horaires, effectifs, rythmes, missions, objectifs. Tout doit désormais être examiné à la lumière d'une réalité nouvelle : travailler dans un climat plus chaud n'est pas travailler dans les mêmes conditions.
Au CASVP, cela signifie aussi reconnaître qu'un service public chargé d'accompagner les plus fragiles ne pourra remplir sa mission si ses personnels sont eux-mêmes épuisés.
Protéger les agents, c'est protéger le service public.
LA JUSTICE CLIMATIQUE EST AUSSI UNE JUSTICE SOCIALE
C'est à l'employeur de transformer l'organisation du travail.
Pas aux agents de supporter seuls les conséquences d'un monde qui change.
LA CGT EXIGE
Le CASVP doit ouvrir sans attendre une véritable négociation sur l'adaptation du travail au changement climatique.
Nous revendiquons notamment :
- un plan d'adaptation climatique de l'ensemble des établissements ; une rénovation thermique ambitieuse des bâtiments ;
- l'adaptation des horaires et de l'organisation du travail lors des fortes chaleurs
- des effectifs permettant de réduire réellement la charge de travail ;
- la suspension ou le réaménagement des tâches les plus pénibles lorsque les conditions deviennent dangereuses ;
- une véritable politique de prévention élaborée avec les représentants du personnel.
Le dérèglement climatique ouvre une nouvelle étape de l'histoire sociale. Hier, le mouvement ouvrier a imposé la limitation du temps de travail. Aujourd'hui, il doit imposer l'adaptation du travail aux limites climatiques.
Parce que le climat change, de nouveaux droits doivent naître.
Parce que défendre les agents,
c'est défendre le service public.
Organisons-nous avec la CGT-CASVP !