La CGT remercie les 710 agents qui ont répondu au questionnaire et vous livre une 1ère analyse.
En préambule « Pour un 100 % sécu »
La création de la Sécurité sociale en 1945 est l’aboutissement d’un long combat. C’est la lutte de classe qui en est à l’origine. Les premières caisses de secours ont été imposées aux patrons par les grèves. Aujourd’hui la défense de la Sécurité sociale passe par la même règle : «se défendre ensemble, pour protéger chacun !»
Notre Sécu, ses objectifs, ses principes, sont les symboles d’une société juste et solidaire. Elle se résume par ces mots qui sont à la base de sa création : «cotiser selon ses moyens, recevoir selon ses besoins».
Pourtant depuis sa création, elle fait l’objet d'attaques incessantes par les gouvernements successifs et par un patronat, qui a combattu de tout temps toutes idées de partage des richesses.
Les cotisations sociales sont une partie du salaire retenu pour financer des prestations auxquelles les salariés ont droit et couvrent de façon collective et solidaire les risques inhérents aux évènements de la vie (enfants, retraite, maladie, invalidité, chômage…). Elles sont artificiellement séparées en parts salariale et patronale, comme si l’une appartenait au salarié et pas l’autre. En fait, elles sont la part de notre salaire qui est versée à un «pot commun» : la protection sociale.
Tous les salariés ont maintenant pris conscience que chaque baisse des cotisations sociales patronales a pour conséquence, l'affaiblissement de nos caisses de retraite, de sécurité sociale, de chômage... C'est une baisse différée de nos salaires puisqu'il faudra payer plus pour se faire soigner, travailler plus pour obtenir une retraite moins élevée... La baisse des cotisations sociales patronales, c'est un vol organisé des salariés par des gouvernements au service du patronat.
De ce fait, aujourd’hui, la situation de notre système de santé, de protection sociale est particulièrement dégradée et aggravée. Pour se prémunir, l’adhésion à une mutuelle n'est plus une option, elle est aujourd’hui «indispensable».
Pourtant, de trop nombreux collègues ne peuvent plus souscrire à une mutuelle dont les tarifs augmentent proportionnellement au désengagement de la sécurité sociale, plus particulièrement les bas salaires pour lesquels le coût d’acquisition d’une mutuelle n'est plus supportable.
Pour illustration au Centre d'Action Sociale, entre 2019 et 2023, c'est 442 bénéficiaires en moins de l'APS (allocation prévoyance santé).
D'autres agents se tournent vers des mutuelles « à coûts réduits », non labellisées qui n'ouvrent pas de droits à l'AFS (allocation frais de santé) qui vient de remplacer l'APS (allocation prévoyance santé) au 1/01/2026.
Pour la CGT, promouvoir une culture du travail compatible avec la santé du salarié, prévenir et faire face aux besoins sociaux dans les domaines de la santé, de la famille, de la retraite, sont une responsabilité de l’employeur. C’est à lui de les prendre en charge.
La mairie de Paris doit donc faire des efforts importants en ce sens.
Les agents attendent des engagements et plus particulièrement tous ceux qui sont recrutés actuellement en C, en dessous du SMIC (1867€02 brut au 1/06/2026) et qui doivent maintenant attendre 19 années avant d'atteindre celui-ci...
Rappel des effectifs au CASVP
Bilan social 2025 (effectifs réels 2024 - 5507 agents) : En comparaison, les effectifs budgétaires sont à ce jour de 6605 agents (conseil d'administration du 2/04/2025). Une différence de 1098 ETP (équivalent temps plein). Faites le compte et si tous les postes budgétaires étaient pouvus, notre sécurité sociale et notre caisse de retraite ne seraient pas en difficulté.
Effectifs réels (2024) 5507 agents (45.74 % C - 28.59 % B - 25.65 % A)
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| Extraction - Bilan social 2024 |
La représentativité de ce questionnaire
Un problème concernant les catégories C qui sont sous représentées dans leurs réponses 32.3 % pour 45.74 % de l'effectif, par rapport aux A et B, cela pose la question de l'égalité d'accès à une boîte aux lettres, selon que vous soyez agent de terrain, agent en difficulté avec l'informatique ou agent de bureau.
Les catégories A et B sont sur représentées 67.7 % pour 54.24 % de l'effectif. Les résultats sont donc «marqués» par l'avis des cadres et administratifs qui ont un accès facile à l'ordinateur. L'opinion des agents les plus précaires (le plus souvent en C) est sous-estimée.
- Les EHPAD : 1561 agents = 28 % de l'effectif et seulement 8.3 % de réponse.
- Le SAD : 2.4 % de réponse…
- La restauration : 7.1 % de réponse...
Pour ces 3 secteurs, la CGT a plusieurs fois alerté sur la difficulté pour les agents d'accéder à un ordinateur, à une boîte à lettre et à une formation de base sur l'utilisation de l'informatique. La preuve est là.
La légitimité des résultats
Ça va bien au-delà du témoignage isolé. On approche les 13 % d'agents ayant répondu.
Alerte sociale
Quand 60 % des répondants (qui sont pourtant les mieux informés/connectés) disent avoir renoncé à une mutuelle à cause du prix, on peut déduire que chez les catégories C non connectées, ce chiffre est probablement bien pire.
Une insatisfaction face au système actuel
Le système d'aide financière pour une mutuelle personnelle labellisée est massivement rejeté :
- 82.8 % des agents se déclarent insatisfaits du système actuel.
- 82 % estiment avoir perdu des avantages lors du passage de l'APS (Aide à la Prévoyance Santé) à l'AFS (Allocation Frais de Santé).
Le coût
Un frein majeur pour les bas salaires
Le questionnaire souligne une précarisation liée à la santé, qui touche de plein fouet les catégories C :
- 61.8 % des agents ont déjà renoncé à une mutuelle labellisée car elle était trop chère, même avec l'aide du CASVP.
- 37,7 % des agents paient plus de 121 € par mois pour leur mutuelle. Pour un agent de catégorie C, ce coût peut représenter une part disproportionnée du salaire.
Certains commentaires d'agents dénoncent une perte de pouvoir d'achat due à l'exclusion de mutuelles historiques comme la MNH.
A ce niveau, la mairie et la direction n'ont pas mesuré l'impact d'exiger une mutuelle labellisée et de supprimer l'APS, sans compensation, alors même qu'à l'entrée au CASVP, la MNH était systématiquement proposée par les SLRH.
La suppression de l'APS est un coup dur pour les agents qui ont une mutuelle «non labellisée» et la mairie doit proposer une alternative.
Attentes pour l'avenir
Le contrat de groupe
Il existe une forte attente pour un changement de modèle :
- 55.9 % des répondants sont favorables à un contrat de groupe obligatoire (santé + prévoyance), espérant ainsi obtenir les prix les plus bas du marché grâce à l'effet de masse des 55 000 agents de la Ville de Paris.
- 81.4 % seraient prêts à changer de mutuelle pour un contrat négocié si le tarif est moins élevé à garanties équivalentes.
Synthèse des commentaires libres
Les témoignages reflètent une grande détresse et une colère sociale :
Plusieurs agents pour ne pas perdre l'AFS ont opté pour une mutuelle labellisée et paient plus cher pour être moins bien remboursés qu'avant.
Les agents proches de la retraite, ceux qui ont une mutuelle avec prévoyance, ceux couverts par la mutuelle de leur conjoint se sentent piégés par le caractère obligatoire envisagé.
La mairie de Paris doit donc faire des efforts importants pour couvrir la santé des agents et proposer une alternative à une AFS (allocation frais de santé) déjà obsolète.
La mutuelle santé et la prévoyance devraient être connectées.
Tous les agents attendent des engagements et plus particulièrement ceux qui sont recrutés actuellement en C, en dessous du SMIC (1863€02) et qui doivent attendre 19 années avant d'atteindre celui-ci...

Le mardi 23 juin 2026 de 12h30 à 14h30, place de l’Hôtel de Ville, les agents de la Ville et du CASVP ont fait entendre leur colère et leur détermination face à l’exécutif parisien, afin d’améliorer la situation de l’ensemble des personnels de la Ville de Paris et du CASVP… Une action de plus grande ampleur est prévue à la rentrée.
La CGT CASVP reste à votre écoute tout l'été au 01 53 80 97 60 ou en utilisant l'alerte CGT (lien...)
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