🚩 Déclaration liminaire de la CGT CASVP au CST (comité social territorial) du Centre d'Action Sociale de la Ville de Paris du 15 juin 2026 présidé par Fatoumata KONÉ, adjointe au maire en charge du CASVP

LUNDI 15 JUIN 2026

Madame la Présidente,
Mesdames et messieurs,
Chères et chers collègues,

Avant de commencer, la CGT souhaite que le CST rende hommage à Chihab ADDOUN du service gestion de la Maison des solidarités 20 qui est décédé.

QUI LE CASVP FAIT-IL ENCORE RÊVER ?

Des usagers désabusés par des conditions d’accueil dégradées aux agents abandonnés à leur poste de combat contre la fatalité d’un service public défaillant, l’action sociale vire au cauchemar ! Si nous peinons à recruter, si nous peinons à fidéliser, si les postes restent vacants au fil des mois, alors le courage impose d’interroger sur l’attractivité concrète de notre établissement pour qu’on ait enfin des collègues qui arrivent sur les postes.

Le site Travailler pour Paris en témoigne, certaines offres d’emploi persistent des mois … ou plutôt persistaient vu que la sous-direction des territoires a dégainé la réponse ultime : la suppression des offres d’emploi d’adjoints administratifs !

La DRH centrale enfonce le clou, elle ouvre des recrutements sur la base de 10 à 20% des besoins, même pas de quoi contenir l’hémorragie. Elle dénigre des collègues contractuels en poste dont la manière de servir a été éprouvée en refusant leurs candidatures ou en les évacuant de l’admission comme on tire la chasse : Pschhit !

Les besoins des usagers sont en constante évolution. Les bénéficiaires de plus en plus nombreux parviennent à nous dans des états de perplexité aggravés produit par la société néolibérale qui ne cesse de précariser, de renvoyer chacune et chacun à la responsabilité de son propre échec.

Dans ces conditions, 700 agents ne peuvent faire le travail de 1 169.

QUELLE TRADUCTION CONCRÈTE DANS LES SERVICES ?

À la SDILE par exemple, elles sont quatre agents au SLRH qui assurent aujourd’hui le suivi de plus de 500 agents. Avec un départ annoncé, ils ne seront bientôt plus que trois sans perspective de remplacement. Les collègues ne manquent ni d’engagement, ni de professionnalisme. Ils ne manquent pas de volonté. Ils manquent de relève, de soutien et de reconnaissance.

Dans certains établissements, le « mode dégradé » n’est plus une exception, il est devenu la norme et quand un reportage télévisé met en évidence ce que professionnels, usagers et syndicats dénoncent depuis des lustres, c’est encore une réponse bâtie à la hâte qui pousse les agents en première ligne pour colmater les brèches avec des bouts de ficelles !

Jusqu’à quand allons-nous considérer comme acceptable ce qui ne devrait être envisagé que dans les situations les plus imprévisibles et les plus exceptionnelles ?

Jusqu’à quand les agents devront-ils compenser les absences, les vacances de postes et les difficultés de recrutement au détriment de leur santé et du sens de leurs missions?

Quand on est au CASVP, il vaut mieux être en bonne santé, sinon c’est la maltraitance institutionnelle assurée. La CGT ne vous lâchera pas. On ne va pas vous le dire avec une question alambiquée : vous attendez quoi pour appliquer les préconisations de la médecine du travail ? 
A la Boissière, en EHPAD, en services administratifs et sociaux, en restauration, dans l’animation, en résidences, dans les SPASAD, dans les CHRS, ça urge !

À L’APPROCHE DE L’ÉTÉ, « QUI AURAIT PU PRÉDIRE » ?
  • Les postes vacants sont connus.
  • Les demandes de congés sont connus.
  • Le risque météorologique est redouté.
  • Les besoins de remplacement sont prévisibles.
Pourtant, les réponses tardent encore.

On ne prépare pas une période estivale avec des « on verra ». On la prépare avec des recrutements de septembre à juin, en mettant en place des équipes mobiles, en réparant les climatisations et en installant des fontaines à eau réfrigérées.

Quand la municipalité est attentiste, ce sont les agents qui compensent et qui en pâtissent. Ils et elles savent où se trouvent les difficultés, et beaucoup aimeraient participer de la définition des solutions. C’est le sens du mandat qui nous est confié comme élu·es du personnel, dont les propositions sont si peu prises en compte :

Le Ségur pour toutes et tous, la NBI en EHPAD, la valorisation du travail effectué de nuit, les dimanches et jours fériés, des métiers en tension … mais aussi une culture de l’attention à l’autre et de la bienveillance, une protection de la santé digne de ce nom, des œuvres sociales ambitieuses qui proposent de vrais avantages, des fiches de poste claires et contextualisées, des sujétions particulières constituent des leviers concrets d’attractivité et de fidélisation.

Les difficultés que nous décrivons aujourd’hui ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de choix. Elles peuvent donc faire l’objet d’autres choix. Nous vous exhortons à développer la vision et le courage politique propices à leurs mises en œuvre.

Les agents n’attendent plus des constats. Ils attendent des décisions lisibles et leurs applications concrètes.

QUELLE PLACE POUR LE « DIALOGUE SOCIAL » ?

Quand nos revendications ne sont pas satisfaites, la CGT n’a pas peur d’appeler les agents à faire grève et à venir voir son employeur, donc ici, la direction du CASVP. C’est ainsi que nous avons fait un rassemblement à Mazas puis à Diderot lundi 8 juin 2026 avec des grévistes de l’animation et des syndicalistes. Non seulement nous n’avons pas été reçus par la direction, comme ça a pu être le cas dans d’autres mouvements de grève, mais en plus, vous avez appelé la police municipale pour nous suivre et nous surveiller. C’est comme ça que vous pensez le « dialogue social » ?

Les représentants du personnel ont pour mission de porter à votre connaissance des réalités du terrain qui vous échappent, les attentes formulées dans les équipes, les besoins également attendus en termes d’encadrement afin qu’aucun agent ne se demande longtemps vers qui se tourner quand il ou elle rencontre une difficulté.

Les alertes du terrain doivent être entendues avant que les difficultés ne deviennent des crises comme l’illustre si bien l’hécatombe actuelle au sein du parc d’ascenseurs, au sujet duquel la CGT lance des alertes récurrentes depuis 2023.

Pour la CGT, les conditions de possibilité de l’action syndicale constituent un indicateur de la dynamique en matière de qualité de vie et des conditions de travail au sein de notre institution. En cela nous saluons l’attention et l’évolution apportées par nos collègues du SPQVT et du SRH, mieux dimensionnés que par le passé, mais il vous revient madame la présidente, de changer de braquet pour que le volume d’heures de concertation puisse se traduire en portée d’action de l’administration.

QUELLES AMBITIONS POUR LE SERVICE PUBLIC ?

Madame la Présidente,

Au fond, toutes les questions que nous posons aujourd’hui renvoient à une même interrogation :

Nous donnerez-vous les moyens d’assurer les ambitions pour le service public parisien de la solidarité que vous avez portées pendant votre campagne ? Si oui comment se déclinent-ils ?

L’attractivité du CASVP ne se mesurera pas aux discours, mais au nombre d’agents publics qualifiés en poste en face de vos administrés. Elle se mesurera à votre capacité à recruter des fonctionnaires sous statut et bien rémunérés, elles et eux-mêmes libéré·es des angoisses de la précarité quotidienne et de la colère qui naît du mépris social, qui actionneront alors efficacement la politique publique parisienne de solidarité.

Le dévouement des agents ne doit pas être la réponse permanente aux difficultés d’organisation. Le professionnalisme des agents ne peut plus servir à masquer le manque d’effectifs.

Lorsque les agents tirent la sonnette d’alarme, ils doivent être entendus. Et lorsque les représentants du personnel portent ces alertes, ils doivent être respectés.

La CGT est ambitieuse pour le service public. Aussi, nous nous battons contre toutes les fermetures de services et contre toutes les baisses de qualité du service public.  
La CGT s’oppose fermement à la fermeture de la Résidence et du Restaurant  La Boissière.