🚩 57 JOURS DE GRÈVE : DES VICTOIRES AU SAMUSOCIAL DE PARIS


Après 57 jours de grève, les agent·es mobilisé·es du Samusocial de Paris obtiennent des avancées importantes et ont mandaté la CGT Samusocial de Paris pour signer un protocole de sortie de conflit qui acte la fin de la grève ce mardi 18 août 2026.




CE QUE LA GRÈVE A PERMIS D’IMPOSER

L'amélioration des conditions de travail par la réorganisation interne du fonctionnement de l'institution et prise en compte de l'impact des attendus sur la santé mentale des travailleurs.

Parmi les mesures, non exhaustives :
  • Toute réorganisation significative devra désormais faire l'objet d'une étude d'impact préalable sur les conditions de travail, avec les représentant·es du personnel, y compris celles demandées directement par l'État. Le résultat de ces études d'impact seront soumises au CSA et aux administrateurs ; les représentants du personnel pourront y joindre leurs propres analyses des politiques publiques ;
  • Au 115, 45 minutes sans prise d’appels à chaque prise de poste : les écoutant·es disposeront enfin de temps dédiés pour traiter les situations complexes, échanger entre collègues, solliciter leurs coordinateurs et réaliser le travail indispensable autour des appels ;
  • Les agent·es seront systématiquement associé·es aux décisions et participeront directement aux travaux sur les pratiques et l'organisation du 115 ;
  • Victoire importante et garanties nouvelles pour la santé et les conditions de travail de l'ensemble des agent·es : mise à disposition d’inspecteur·ices santé-sécurité, évaluation des risques dans tous les services, prévention des violences ;
  • Élaboration d'un baromètre social interne et mise en place de groupes de travail paritaires, dans l'objectif de créer des outils d'évaluation des pratiques managériales ;
  • Réorganisation globale de l'institution : convocation d'États généraux du Samusocial pour identifier, service après service, les pratiques dysfonctionnelles et leurs conséquences sur les conditions de travail et d'accompagnement des agent·es.
L'AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE VIE DES AGENT·ES :

Revendications centrales du mouvement, les questions budgétaires ont largement été abordées en négociation, mais également lors du Conseil d'Administration extraordinaire qui s'est tenu le 06 août. Des engagements budgétaires ont été pris, qui seront tranchés lors du prochain CA, le seul décisionnaire en matière budgétaire. 

Mais nous avons d'ores et déjà obtenu :
  •  La Direction s'engage à défendre le passage des écoutant.es sociaux au groupe de rémunération supérieur devant le Conseil d'Administration ;
  • Versement de la prime de suractivité liée au plan grand froid pour les écoutant·es du 115 à hauteur de 150€ brut ;
  • Augmentation significative de la prime de travail en contexte multilingue pour l'ensemble des agent·es, dont le passage de 30€ à 125€ sera soumis au vote en octobre prochain.
La Direction devra chiffrer les revendications salariales collectives et analyser les rémunérations au regard du coût de la vie en Île-de-France. L'augmentation générale des salaires et les moyens alloués au Samusocial de Paris seront à l'ordre du jour du prochain CA. Ainsi, l'État s'est engagé à recevoir les représentant·es du personnel en délégation dès septembre pour discuter des financements, du manque de places d'hébergement et de l'impact des politiques publiques sur les missions du Samusocial.

Nous resterons vigilants sur la mise en oeuvre de ces mesures.

LA GRÈVE S'ARRÊTE, PAS NOTRE SOUTIEN AUX PERSONNES À LA RUE.
  • La fin de la grève ne signifie pas la fin de la mobilisation engagée aux côtés des personnes sans solution d'hébergement.
  • Après l'évacuation du parvis du Samusocial, des personnes à la rue poursuivent aujourd'hui leur lutte en occupant le parvis de la mairie de Paris Centre.
  • De nombreux·ses militant·es de la CGT et collègues du Samusocial continuent de s'investir à leurs côtés et soutiennent cette mobilisation.
  • Nous maintiendrons ce soutien jusqu'à la mise à l'abri des personnes. L'État et la Ville doivent prendre leurs responsabilités et mettre à l'abri les familles à la rue, de manière locale et pérenne.
À LA RENTRÉE, ÉLARGIR LE RAPPORT DE FORCE

Ce que nous avons dénoncé au Samusocial dépasse largement notre établissement, et les marques de soutien l’ont largement exprimé. En plein été, notre mouvement a su médiatiser l'impact des politiques publiques sur les personnes à la rue et sur les travailleurs du social. 

L'ensemble du secteur et des métiers de la solidarité sont étouffés par des restrictions budgétaires, par la réduction des capacités d'hébergement, par les remises à la rue et par la dégradation des conditions de travail. 

Nous sommes attaqués par des politiques austéritaires et répressives qui nous transforment en gestionnaires de pénuries, au lieu de financer à hauteur des besoins.

Notre victoire doit donc servir de point d'appui. 

Dès la rentrée, nous voulons contribuer à construire une mobilisation plus large des professionnel·les du social, de l'hébergement et de la veille sociale contre les coupes budgétaires et les remises à la rue.

Après 57 jours de grève, une chose est démontrée : lorsque les agent·es s'organisent et construisent le rapport de force, des victoires sont possibles.

Nous devons collectivement imposer un rapport de force, particulièrement crucial au moment des discussions budgétaires à la tête de l'État.

Nous appelons ainsi l'ensemble des travailleurs des SIAO, associations, syndicats et tout acteur du secteur à se mobiliser et à s'organiser dès les prochaines grèves du 15 et 29 septembre 2026 pour faire vivre la lutte et obtenir enfin des financements dignes.

Pour continuer la lutte et l’organiser, nous appelons à participer aux prochaines rencontres nationales du travail social en lutte les 3 et 4 octobre 2026 à Paris.

A Paris, le 19/08/2026
Contact presse : Jordan BERNARD CGT Samusocial de Paris 06.69.05.04.72