![]() |
| Lundi 27 juillet 2026 sur le toit de l'immeuble du siège du SamuSocial de Paris |
La section CGT du SamuSocial de Paris a annoncé la reconduction du mouvement de grève, qui entre dans son deuxième mois. Les syndicats demandent une revalorisation salariale et l’augmentation du nombre de places en hébergements d’urgence. Depuis dix jours, environ 200 personnes occupent le parvis du siège du Samusocial de Paris pour faire pression sur les pouvoirs publics.
"Nous faisons face à un doublement du nombre de personnes à la rue" : la grève du Samusocial de Paris se durcit et entre dans son deuxième mois.
« Colère », « angoisse », « épuisement », les mots ne manquent pas à Elana, travailleuse sociale en centres d’hébergements d’urgence à Paris, pour qualifier son état depuis début juin. La préfecture de Paris avait alors annoncé la réduction de 861 nuitées hôtelières pour les personnes en situation d’urgence. Une mesure inacceptable pour cette gréviste, qui s’indigne : « les personnes qu’on accompagne ne sont pas des variables d’ajustement ».
Selon la direction, le Samusocial de Paris fait face à un dépassement de son plafond annuel de dépenses consacrées à l’hébergement. « Nous sommes obligés de refuser des personnes très prioritaires, comme des femmes enceintes, parce que les places sont occupées depuis janvier par des personnes non prioritaires. L’Etat nous a demandé de réétudier ces situations », avait expliqué, à la fin du mois de juin, Vanessa Benoît, directrice de la structure.
« On se fait insulter »
Conséquences, Ana (prénom d’emprunt), écoutante du 115, se dit contrainte d’appeler ces familles non prioritaires en hébergement d’urgence « une par une » pour leur demander de quitter les lieux. « On se fait insulter, j’en perds le sens de mon travail », confie-t-elle. « Nous faisons face à un doublement du nombre de personnes à la rue depuis le premier mandat de Macron et à une explosion du nombre de décès », précise Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT du Samusocial de Paris. Il demande que « la structure soit financée à hauteur de ses besoins ».
A cette revendication s’ajoute celle d’une revalorisation salariale de 10% et de la mise en place d’un 13e mois. « Je gagne environ 1600 euros, c’est trop peu pour vivre en région parisienne » souligne Ana. Jordan Bernard l’affirme : « on rencontre des collègues quasiment au même niveau de précarité que les personnes qu'on accompagne ». Le syndicaliste demande une augmentation de salaire immédiate pour les écoutants du 115 et d’ici la fin de l’année pour l’ensemble des agents du Samusocial, mais sans grand espoir : « On a aucune confiance sur le fait d'aboutir à une augmentation mineure » souffle-t-il.
"Faire pression"
La direction du Samusocial, Vanessa Benoît exprime elle son impuissance face aux revendications des grévistes : « Le nombre de places en hébergements d’urgence et la revalorisation salariale sont des compétences du conseil d’administration pas de la direction ». Le conseil d’administration est, entre autres, composé de la Ville de Paris et de la préfecture, qui refuserait, selon la CGT, de dialoguer avec les grévistes.
Contacté, le préfet de Paris n’a pas donné suite à nos sollicitations. Jordan Bernard concède toutefois des avancées sur les conditions de travail depuis le début de la grève en juin, suite aux réunions entre la direction et les représentants des salariés. Les écoutants du 115 bénéficieront par exemple d’une pause de 45 minutes pendant leur service pour débriefer entre collègues.
Depuis dix jours, à l’appel conjoint de la CGT et d’Utopia 56, association d’aide aux migrants et aux sans-abri, des grévistes et des personnes sans logement occupent le parvis du siège du Samusocial à Paris, en soutien aux familles. « Il y a près de 200 personnes » sur place, en attente d’un logement, selon la CGT. Le but de cette mobilisation est « de faire pression sur les pouvoirs publics » détaille Jordan Bernard. Selon Vanessa Benoît, cette occupation met en difficulté les discussions entre les grévistes et la direction pour la signature d’un protocole de sortie de grève.
A la demande de la CGT, une rencontre entre le président du conseil d’administration et des représentants syndicaux du Samusocial devrait se tenir ce lundi 27 juillet. Une réunion entre les syndicats et l’ensemble des membres du conseil d’administration du Samusocial est également prévue début septembre.
Rejoignons et Soutenons la grève et l'occupation au Samusocial de Paris. Les prochains rdv :
🔴 jeudi 30 juillet : rassemblement 13h Hôtel de Ville
🔴 Vendredi 31 juillet : 16h30 départ manif de la Marche des Solidarités de Bibliothèque F. Mitterrand vers le siège du Samu Social
Puis soirée de soutien à la grève 17h/21h au 15 rue JB Berlier, Paris 13
Lien vers la caisse de grève : https://www.helloasso.com/associations/union-syndicale-cgt-du-commerce-et-des-services-de-paris/formulaires/5

